Difficile d’imaginer que la tribune Kippax, la dernière avec des supporters debout à Maine Road avant que le stade ne soit uniquement qu’avec des places assises, fut utilisée pour la dernière fois il

La tribune Kippax était différente des autres et donnait à Maine Road quelque chose en plus que les autres grands clubs n’avaient pas : une tribune qui s’étendait sur le long du terrain plutôt que derrière les buts.

Chaque terrain avait son espace « terrasse » : United avec le Stretford End, Liverpool avec le Kop, Aston Villa avec le Holte End, Chelsea et le Shed… mais ces tribunes étaient situées derrière le but pour beaucoup d’entre elles.

Ce qui veut dire que l’équipe visiteuse pouvait profiter au moins pendant une mi-temps d’un petit répit avant d’être face au kop adverse. Mais pas à Maine Road, où les supporters s’amassaient partout autour du terrain.

Le Kippax était auparavant connu pour être le « Popular Side » après que Maine Road ait ouvert ses portes en 1923, avant qu’un toit ne soit dressé en 1956.

Ce qui voulait dire que les supporters de City présents dans la tribune Kippax pouvaient enfin vivre un match sans être trempé !

Que ce soit le « Popular Side » où le Kippax, cette partie de Maine Road était toujours bien remplie, avec par exemple en 1934, plus de 84 000 personnes réunies en FA Cup face à Stoke City, où les journalistes comparaient les supporters entassés comme « des sardines ».

Il y avait beaucoup de tribunes vastes à cette époque, avec des stades de plus de 70 000 personnes.

En soit, le Kippax n’avait rien d’extraordinaire, il s’agissait simplement d’une grande tribunne. Les supporters, eux, rendaient cette tribune exceptionnelle.

Les jours de derby, ou face à Liverpool et Everton, la section visiteur était étendue sur le côté, donnant une capacité de 10 000 places pour les fans visiteurs. Une atmosphère fantastique.

Le 30 avril 1994, City accueillait Chelsea avec à peu près 20 000 supporters au Kippax pour la dernière fois. Beaucoup de supporters apportaient des drapeaux, des bananes gonflables, où encore des habits originaux. C’était un jour de célébration et de tristesse.

Paul Walsh et Uwe Rosler marquaient pour obtenir un match nul sur le score de 2-2 au coup de sifflet final, mais beaucoup de supporters restaient pour savourer le moment.

Comme beaucoup de supporters de City, Noel Gallagher a vécu de grands moments au Kippax.

En 2000, il se souvenait de ces matches…

« Le premier match auquel mon père m’avait emmené était face à Newcastle en 1971. Depuis, City est devenu mon équipe. »

« United était en seconde division et on était la plus grande équipe de Manchester pendant 10 ans. Mais au fil des années, quand City était en difficulté et que United devenait une des grandes équipes d’Europe, je commençais à me demander pourquoi mon père m’avait emmené à Maine Road et pas à Old Trafford. »

« La raison était familiale. Mon père n’aimait pas ses frères, qui supportaient United. Mon père a alors choisi City, juste pour les énerver. »

« Le Kippax était une sorte de gros hangar. Il faisait très sombre, il n’y avait pas de lumière, on était invisible à la télévision. »

« Aujourd’hui les tribunes ne chantent plus vraiment. Mais dans les années 70, le Kippax était assourdissant. On avait l’impression que le son venait du speaker. On chantait ‘Lily The Pink’, ‘Colin The King’ ou ‘Tommy Booth Walks on Water’. C’était à partir des années 80, qu’il était difficile d’avoir des chants avec des injures à l’intérieur. »

« Les matches du mercredi soir étaient mieux que le samedi après-midi. La pelouse paraissait plus verte et c’était toujours plus excitant, comme en FA Cup. J’allais de manière religieuse au stade entre 12 et 21 ans, tous les samedi. »