L’Italien qui a inversé la balance du pouvoir à Manchester et qui nous a lancés sur la voie d’un succès durable fête ses 61 ans aujourd’hui.
Lorsque Mancini a passé les portes de l’Etihad Stadium en décembre 2009, City débutait son ascencion mais avait encore un long chemin à parcourir.
Manchester United dominait le football anglais avec trois titres de Premier League consécutifs alors que City n’avait plus remporté de trophées majeurs depuis 33 ans.
Lorsqu’il est parti en 2013, le club avait remporté la Premier League, la FA Cup et l’Europe toute entière était consciente de la force de l’équipe bleue de notre grande ville.
Avec sa classe à l’italienne, Mancini s’est tout de suite imposé comme quelqu’un avec des exigences.
Son éthique de travail, sa défense du club et de ses joueurs depuis la ligne de touche n’ont fait que renforcer le lien profond avec les fidèles qui suivent City à domicile comme à l’extérieur.
Arrivée à l’Etihad
18 mois après les évènements qui ont changé la face du club à tout jamais, City avait besoin de trophées.
Mark Hugues supervisait la transition mais la progression stagnait avec sept matchs nuls consécutifs en octobre et novembre.
A ce moment précis, notre hiérarchie a eu l’opportunité de faire venir un entraîneur qui avait connu sept honneurs majeurs avec son dernier club, l’Inter, et l’a saisie.
Tout en haut de la Premier League, la marge d’erreur est infime. Chaque équipe dispose d’un effectif talentueux mais les impondérables sont souvent ce qui font la différence.
Mancini avait beaucoup gagné lorsqu’il était joueur. C’était un attaquant créatif et technique. Il s’est servi de cette mentalité dans son travail d’entraîneur.
Sa première interview en tant qu’entraîneur de City fut l’occasion de souligner qu’il allait faire des hommes de City des champions.
« La chose la plus importante que j’essaye d’insuffler à mes joueurs est qu’ils doivent toujours croire qu’ils peuvent gagner. Il nous faut une mentalité de vainqueurs dans ce club car cela finira par payer. »
« Cela n’arrive pas en un claquement de doigts, il faudra peut-être six ou huit mois pour l’assimiler mais si vous êtes prêts à travailler dur à chaque match, vous obtiendrez une chance d’avoir du succès. »
« Ce n’est qu’une simple observation mais c’est vrai. On ne peut pas gagner sans un travail acharné. »
Avec un pilier du football anglais à ses côtés en la personne de Brian Kidd, Mancini avait toutes les cartes en main pour s’adapter rapidement à notre championnat.
Il a peut-être été aidé par le fait que son premier match soit une victoire contre Stoke City lors du Boxing Day.
A cette époque, les Potters de Tony Pulis représentaient sûrement l’équipe la plus physique et combative de Premier League mais City a tenu bon.
Stoke allait devait un adversaire fétiche de Mancini à City mais nous y reviendrons.
La star de l’équipe était sans conteste Carlos Tevez qui venait d’arriver en provenance de Manchester United l’été précédent, ce qui représentait le premier gros coup porté à nos rivaux dans cette nouvelle ère.
La relation entre Tevez et Mancini n’allait pas être sans heurt mais il ne faisait aucun doute qu’ils avaient soif de victoire.
Bien emmitouflé
Le premier symbole de l’affection de Mancini pour le club s’est peut-être manifesté par l’écharpe bleue et blanche qu’il portait sur le banc.
Avec son style classique et simple, ses deux couleurs vives et magnifiques qui représentent parfaitement City, cette écharpe a permis à l’entraîneur d’être immédiatement reconnaissable par les supporters présents dans le stade.
Quelques jours après qu’il l’ait porté pour la première fois, les supporters de City la réclamaient et il n’a pas fallu bien longtemps pour les tribunes de l’Etihad soient remplies de personnes essayant de reproduire le style de l’Italien.
Les origines de cette histoire sont très simples.
« Je porte habituellement une écharpe sur le bord du terrain car j’ai mal au cou s’il fait froid », a expliqué Mancini à la fin de son premier mandat.
« Je suis arrivé en décembre et il ne faisait pas très chaud. Avant mon premier match, notre responsable de la communication Vicky Kloss m’a donné son écharpe de City et voilà. Je suis très heureux que ce soit devenu un article de mode. »
Le coup dur contre les Spurs
Mancini a immédiatement fait progresser City avec 11 victoires et cinq nuls lors des 21 matchs restants de de la saison de Premier League 2009/10.
Cela nous a rapprochés très fortement du gratin du football européen, la Ligue des Champions.
Nos rivaux pour la quatrième place et le billet pour la Ligue des Champions étaient les Spurs et par hasard ou à dessein, nous allions affronter l’équipe d’Harry Redknapp à l’Etihad lors de l’avant-dernier match de la saison.
Ce match tendu s’est joué sur un coup de tête de Peter Crouch. L’Anglais a marqué à la 82e minute pour faire taire l’Etihad, à l’exception du parcage visiteurs.
La déception était palpable dans l’Etihad ce soir-là mais les gens ont préféré retenir les excellentes bases posées par le nouvel entraîneur.
Le Président Khaldoon Al Mubarak a utilisé son interview estivale pour mettre l’accent sur la confiance que le club avait en Mancini.
« Roberto est notre entraîneur », a-t-il débuté.
« Il a fait un excellent travail en arrivant en milieu de saison, il a réorganisé l’équipe. Je suis très satisfait et le Cheikh Mansour est ravi de la manière dont il a organisé l’équipe. »
« Nous pensons qu’il est l’entraîneur qu’il faut à ce club pour les nombreuses années à venir. Il va nous falloir du temps cet été pour nous préparer et vraiment organiser le club nous-mêmes. »
« Nous savons quels domaines doivent être améliorés au sein du club. Une bonne pré-saison suivie par un bon début, j’ai vraiment hâte pour l’année prochaine. »
« Ce fut une saison magnifique. Nous avons bien avancé en tant qu’équipe et j’ai un bon pressentiment pour l’année prochain car nous avons passé un cap en tant que club. L’année prochaine sera très importante pour nous. »
Revanche et triomphe en FA Cup
Les objectifs de la saison 2010/11 étaient clairs : une qualification en Ligue des Champions et un trophée.
Les recrues estivales qu’étaient Yaya Touré, David Silva, Aleksandar Kolarov, Mario Balotelli, James Milner and Jérôme Boateng ont fait de ce mercato l’un des tout meilleurs de l’histoire du club.
Touré, présenté par les médias et les experts comme un milieu défensif aux capacités limitées lors de sa signature, et Silva, immédiatement jugé comme trop léger pour le football anglais, allaient tous deux marquer l’histoire du club.
Mancini leur a donné une plateforme pour briller, en confiant le sale boulot à Gareth Barry au milieu de terrain et en remettant ainsi la puissance de feu entre les mains de Touré et Silva.
C’est défensivement que City excellait, en encaissant uniquement 33 buts en Premier League. Vincent Kompany était le symbole de cette force défensive et peut-être le meilleur défenseur central du championnat.
Il formait un duo avec Joleon Lescott qui allait être à la base de tous les succès de Mancini.
Nous avons trouvé le chemin des filets à 60 reprises en championnat, cette tâche revenait principalement à Tevez qui a terminé co-meilleur buteur du championnat aux côtés de Dimitar Berbatov avec 20 réalisations.
Avec 71 points, nous nous sommes finalements qualifiés pour la Ligue des Champions avec aisance, neuf points devant Tottenham, cinquième.
C’est la FA Cup qui allait rester dans les mémoires et qui allait donner un coup psychologique à nos rivaux locaux.
City a dû rejouer pour venir à bout de Leicester City et de Notts County en début de compétition. C’est le premier but d’Edin Dzeko sous le maillot de City qui avait sauvé les Skyblues lors du premier match à Notthingham.
Une balade 3-0 contre Aston Villa et une tête de Micah Richards contre Reading nous ont permis d’accéder à un grand rendez-vous à Wembley contre Manchester United, qui avait un triplé européen en ligne de mire.
Yaya Touré a fait la différence lors d’un match sous haute tension à Londres, en capitalisant sur une passe mal appuyée de Michael Carrick, effaçant ainsi Nemanja Vidic avant de crucifier Edwin van der Sar.
C’est un moment que les fans de City qui étaient présents n’oublieront jamais et sans cela, il est difficile d’imaginer la suite des événements.
City, et Touré en particulier, n’ont pas relâché leurs efforts et une victoire 1-0 face à Stoke City nous a permis de remporter notre premier trophée majeur depuis 1976.
En repensant à ces buts, Touré a déclaré : « C’est toujours important de marquer des buts qui comptent lorsqu’on arrive dans une nouvelle équipe. »
« Quand on parle aux journaux avant que tu ne le fasses, ils ne te croient. Mais quand tu marques ces buts, c’est quelque chose de spécial. »
« C’est comme cela que je voulais que les choses se passent. Quand je suis arrivé ici, c’était compliqué car City était dans l’ombre de United et mon objectif était de changer cela. »
« Mon arrivée, celle de Silva, d’Aguero, de Mario Balotelli... Avec tous ces joueurs, nous avons essayé de réaliser quelque chose de grand. »
« Avec cette victoire en FA Cup, tout a commencé à se mettre en place et les joueurs y ont cru. Le staff, le management, tout le monde a commencé à y croire. »
Les parades avec des trophées dans les rues de Manchester sont devenues annuelles ces dernières années mais ce trophée nous a donné la chance de pouvoir peindre le centre ville en bleu pour la première fois depuis 35 ans.
Et ainsi donc, avec ce trophée et une qualification en Ligue des Champions, le City de Mancini commençait son bond en avant.
Un succès éclatant
Trois recrues essentielles allaient permettre à City de devenir un challenger sérieux pour le titre.
Gaël Clichy et Samir Nasri, tous deux arrivés en provenance d’Arsenal, avaient terminé trois points derrière City la saison précédente.
Ce duo allait être important dans la croissance de City lors des saisons suivantes, en particulier lors de leur première saison à l’Etihad, mais personne ne pouvait s’imaginer à quel point la dernière pièce du puzzle allait être cruciale.
Sergio Aguero est arrivé de l’Atletico de Madrid à l’âge de 23 ans et avait déjà disputé six saisons pleines en professionnel avec plus de 120 buts à son compteur.
Ses motivations pour rejoindre une équipe de Mancini toujours plus performante étaient claires.
« Nous sommes équipe qui, à l’avenir, va se battre chaque année pour remporter des trophées majeurs », a-t-il déclaré lors de sa première interview en tant que joueur de City.
« Lorsque nous discutions, j’ai demandé à mes agents de faire tout leur possible car il s’agissait d’un bon club et car j’avais toujours voulu évoluer en Premier League. C’était un choix logique. »
« Je ne pense pas que j’aurai beaucoup de problème pour m’intégrer. Je vais évidemment faire de mon mieux pour faire ce que l’entraîneur me demande et travailler à sa manière. »
Il a connu l’Etihad pour la première fois lors d’une deuxième mi-temps contre Swansea City lors de la première journée de championnat et a fait la meilleure impression possible puisqu’il a inscrit un doublé et offert une passe décisive à un joueur avec lequel il sera intrinsèquement lié par la suite, David Silva.
Si la saison précédente avait été plus défensive qu’offensive, le début de cette saison voyait City enchaîner les buts dans les premiers mois.
L’équipe de Mancini affichait une moyenne de 3,4 buts par match de championnat lorsque le premier derby de Manchester de la saison est arrivé... Un déplacement à Old Trafford le 23 octobre.
Les buts ont continué de pleuvoir puisque City en a mis six à l’équipe d’Alex Ferguson, alors championne en titre, dans la rencontre plus légendaire entre les deux équipes, tout du moins pour les fans de City.
Si les fans ont savouré cette victoire, Mancini refusait de s’enflammer.
« Peu importe qu’il y ait eu 6-1, ce qui est important c’est que nous avons battu une équipe fantastique », a-t-il dit calmement lors de sa conférence de presse d’après-match.
« C’est important pour notre confiance car ce n’est pas facile de battre United ici. Nous avons maintenant un match de moins à disputer, trois points de plus et nous sommes venus à Old Trafford. »
Carlos Tevez n’était pas présent ce jour-là et était absent depuis la fin septembre et un déplacement à Munich en Ligue des Champions.
Tevez et Mancini étaient en désaccord sur le bord du terrain à l’Allianz Arena, Mancini pensant qu’il avait demandé à Tevez de s’échauffer et que celui-ci avait refusé.
Le boss a depuis lors dit qu’il avait essayé de faire amende honorable.
« Je me souviens du jour après Munich où j’ai appelé Carlos et que je me suis excusé auprès de l’équipe. Je passe à autre chose maintenant », a-t-il dit.
« Carlos a dit qu’il ne voulait plus jouer. Cette situation a continué pendant deux ou trois mois et nous avons perdu contre plusieurs équipes car ses qualités et son caractère nous manquaient. »
Il a fallu attendre le 21 mars pour que Tevez rejoue pour City. Il est entré en jeu et a délivré une passe décisive à Nasri pour une victoire cruciale contre Chelsea.
Des années plus tard, l’attaquant a déclaré qu’il était prêt à tout pour le club lorsqu’il a fait son grand retour.
« Je suis revenu, je me suis excusé pour mon erreur », a déclaré Tevez.
« Selon moi, c’était un problème avec une solution simple mais l’italien, l’espagnol et l’anglais que nous avons hurlé dans les vestiaires ne ressemblait à rien. »
« Nous (Tevez et Mancini) avons eu cet épisode mais après cela, notre relation a toujours été bonne. C’est un entraîneur très talentueux et je l’apprécie également en tant que personne. »
La ligne d’arrivée approchait à grands pas et City se trouvait en pole position. Kompany, désigné capitaine par Mancini l’été précédent, revient sur la manière qu’avait Mancini de rassembler les troupes à l’aube du sprint final.
« C’est quelqu’un de très passionné, on ne peut pas le nier. Ce qu’on voit sur le bord du terrain, c’est vraiment lui. Il connaît son football”, a-t-il déclaré.
« Il est obsédé par la victoire (comme de nombreux joueurs de notre effectif) et par le fait de s’améliorer, à tel point que même lorsque nous gagnons, il se concentre davantage sur les choses qui n’ont pas fonctionné et que nous pouvons améliorer. »
Après deux nuls et une défaite à Arsenal, City ressentait visiblement la pression.
Le Président Khaldoon Al Mubarak était présent le jour où City a perdu à Arsenal. C’est Mikel Arteta, l’actuel entraîneur d’Arsenal, qui avait inscrit le but de la victoire.
C’est à ce moment-là qu’il a fait une intervention cruciale qui a reboosté Mancini et son effectif.
« En tant que Président, il faut choisir ses moments. Il y a des moments lors desquels il faut faire quelque chose. Je voulais d’abord voir Roberto », a déclaré Al Mubarak.
« Après ses interviews, je l’ai attrapé, Roberto était très contrarié, il était vidé physiquement et mentalement. »
« Nous sommes allés sur le côté et je me rappelle lui avoir dit que nous allions le faire. Ne t’inquiète pas, prends les matchs comme ils viennent. Ne t’occupe pas de United, occupe-toi de nous. Nous allons prendre les trois points la prochaine fois et aborderons le match suivant. »
« Je me souviens que Roberto m’a regardé dans les yeux et on a eu un moment où nous nous sommes compris. »
« Je suis allé dans les vestiaires, les joueurs n’avaient pas le moral. J’ai serré les mains et j’ai parlé à quelques joueurs. C’était le même message. »
Nous nous sommes remis sur les rails avec une victoire 4-0 contre West Brom et une journée incroyable à Norwich lors de laquelle Tevez et Aguero s’étaient montrés implacables, marquant 5 buts à eux deux lors d’une victoire 6-1.
Une victoire 2-0 contre les Wolves nous a amenés vers un autre derby sous tension, lors duquel Manicini et Ferguson en sont venus aux mains avant que le capitaine Vincent Kompany ne s’impose dans les airs pour nous donner un avantage avant les deux dernières journées.
Yaya Touré a inscrit un doublé à St James’ Park pour battre une équipe de Newcastle United en forme. Le titre allait se jouer la semaine suivante pour City. Il suffisait d’une victoire contre une équipe de QPR menacée de relégation.
Touré avait envisagé qu’il allait jouer un rôle important lors de la victoire contre Newcastle. Kompany s’est souvenu d’une conversation qu’il avait eu avec lui avant le coup d’envoi.
« Avant le repas pré-match, Yaya m’a dit que j’avais bien joué de la tête et avec les coudes cette saison. Il m’a dit : maintenant c’est mon tour », a déclaré Kompany.
« Il a marqué deux buts et je me suis demandé comment il avait pu faire une telle prédiction. C’était Yaya à son meilleur niveau. Il n’y avait pas d’autre moyen de gagner ce jour-là ».
Pour que City remporte son premier titre de champion d’Angleterre depuis 1968, il ne fallait qu’une victoire contre QPR.
A ce stade de la compétition, il se passe beaucoup de choses dans la tête d’une équipe. Surtout pour une équipe qui n’avait rien gagné de cette ampleur auparavant.
En y repensant en 2022, Kompany a déclaré : « Un match comme celui de QPR me stresserait, encore maintenant. La préparation était différente ».
« En tant que capitaine, je n’avais pas prévu que nous remportions le championnat. Après le match d’Arsenal, je pense que la plupart des gars préparaient leurs vacances. »
« Nous avons gagné à St James’ Park et nous nous sommes demandés : que font les équipes qui gagnent ? Elles réservent un hôtel ? Elles font la fête dans quelle salle ? »
Mancini était habitué au succès, il avait remporté la Serie A en tant que joueur de la Sampdoria et en tant qu’entraîneur de l’Inter mais cette pression était toute autre, comme il s’en rappelle lui-même.
« La pression était difficile à gérer et c’est sûrement pour cela que nous n’avons pas bien joué », s’est-il souvenu.
Ce qui va suivre est sans aucun doute la journée la plus dramatique de l’histoire du football anglais, sur le terrain en tout cas.
Après avoir pris l’avantage 1-0 grâce à Pablo Zabaleta, City a laissé filer son avance avec des buts de Djibril Cissé et Jamie Mackie en seconde période.
La colère de Mancini n’a pas de limites, l’entraîneur harcelant ses joueurs depuis le bord du terrain pour leur faire comprendre que ce pourquoi ils avaient tant travaillé était en train de leur échapper.
Il s’est tourné vers banc et a fait entrer Edin Dzeko et Mario Balotelli, une décision qui allait nous emmener vers la gloire.
Alors que tout espoir semblait perdu, Dzeko a repris un corner de David Silva pour ramener City à hauteur à la 92e minute.
Ensuite Balotelli, pourtant connu pour frapper dans toutes les positions, a mis Aguero sur orbite qui est venu inscrire un but venu d’ailleurs. Il s’agissait seulement de la deuxième passe décisive de Balotelli à City.
Mancini n’a pas pu se retenir et a sauté sur les membres de son staff pour les prendre dans ses bras, alors que l’Etihad lui-même était en ébullition.
Ce qui a suivi est assez flou. Mancini a honoré ses obligatoires médiatiques enveloppé dans un drapeau italien, les yeux ébahis.
« Après aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir 90 ans ! », a-t-il dit à Sky Sports en interview.
Des années plus tard, Mancini a expliqué tout ce qui lui était passé par la tête cet après-midi-là.
« A ce moment-là, mes émotions étaient pour tous les supporters de City, pour Khaldoon, pour le Cheikh Mansour car ils avaient investi beaucoup d’argent pour City et que nous avons travaillé pendant des années pour constituer cette équipe », a-t-il déclaré.
« Gagner ce premier titre est toujours très difficile, après ça peut changer quand tu gagnes pendant de nombreuses années. »
Adieux
Après une telle euphorie, City a eu du mal à reproduire ces performances en 2012/13.
Manchester United a récupéré sa couronne pour la dernière saison d’Alex Ferguson pour ce qui allait rester le dernier titre de champion d’Angleterre du club.
C’est en FA Cup que nous avons brillé, avec 15 buts en 5 matchs pour atteindre la finale pour la deuxième fois en trois ans.
Cependant, une défaite choc face au Wigan de Roberto Martinez allait être le dernier match de Mancini en tant qu’entraîneur de City.
Nous avons terminé la saison avec le coach adjoint Brian Kidd à la tête de l’équipe.
La légende de Manchester semblait bien seule sur le banc à Reading - un moment saisissant qui a fait comprendre aux supporters de City que l’aventure avec Mancini était bel et bien terminée.
L’Italien a eu un dernier beau moment à partager avec les fans de City, en prenant une page dans le Manchester Evening News pour adresser un message simple mais touchant.
« Trois années inoubliables. Je vous porterai toujours dans mon cœur. Ciao. »
Les supporters de City ont répondu par une page dans le journal italien Gazzetta dello Sport qui disait : « Grazi Mancini : Once a blue, always a blue. »
C’est sûrement Al Mubarak qui a le mieux résumé la gratitude de City envers Mancini.
« Les records de Roberto parlent d’eux-mêmes. Il avait le respect et la gratitude cu Cheikh Mansour, de moi-même et du comité pour tout son travail acharné et son engagement au cours des trois dernières années et demi », a-t-il déclaré.
« Il a également gagné l’amour et le respect des fans. Il a fait ce qu’il avait promis et a offert des trophées et des succès. Il a mis fin à 35 ans de disette et a remporté le titre en 2012. »
« J’aimerais personnellement et publiquement le remercier de nous avoir fait progresser mais aussi pour son soutien et son amitié fidèle. »
Depuis City, Mancini est allé entraîner en Turquie, en Russia et en Arabie Saoudite mais son plus grand moment est très certainement lorsqu’il a battu l’Angleterre avec la sélection italienne en finale de l’Euro 2020.
Si les fans de City nés à Manchester ont très certainement été déçus ce soir-là, la vue de Mancini en larmes et dans les bras de son ancien coéquipier Gianluca Vialli a dû tirer une corde sensible.
Nous sommes allés encore plus loin depuis lors, puisque Pep Guardiola a battu de nombreux records et nous a permis de remporter les plus beaux des trophées.
Notre entraîneur actuel est le plus grand entraîneur de l’histoire du club et partage un lien magnifique avec les supporters mais s’empresse toujours de louer le travail effectué par Mancini et Manuel Pellegrini avant son arrivée en 2016.
Grazie, Roberto.