L'ancien attaquant de City Imre Varadi fête aujourd'hui ses 67 ans. En 2020, nous avions consacré une série à nos Héros cultes, et voici son histoire...

Quand on évoque les meilleures affaires réalisées par Manchester City, le recrutement d’Imre Varadi figure sans aucun doute en bonne place. L’attaquant a brillamment mené la ligne offensive des Cityzens pendant deux saisons à la fin des années 1980.

Archétype du joueur globe-trotter, Varadi a porté les couleurs de 15 clubs au cours de ses 18 années de carrière. Pourtant, c’est à Maine Road qu’il a signé les meilleures statistiques de son parcours.

Le manager Jimmy Frizzell l’avait recruté pour la modique somme de 50 000 £ (environ 58 000 €) après le début de saison catastrophique de City en 1986/87 : dix matches disputés et aucune réalisation lors de six d’entre eux. Arrivé en provenance de West Bromwich Albion, Varadi a marqué dès ses débuts face à Chelsea, un avant-goût de ce qui allait suivre.

Même si City est resté muet lors de 20 de ses 46 rencontres de championnat et de coupe cette saison-là, Varadi a terminé meilleur buteur du club avec neuf réalisations en 29 matches de championnat, soit près d’un quart des buts inscrits par les Cityzens cette saison-là (36 au total).

Frizzell a ensuite été limogé et remplacé par Mel Machin. L’ancien entraîneur de Norwich a immédiatement compris la valeur de Varadi et a misé sur lui, associé à Paul Stewart, pour ramener City dans l’élite.

À eux deux, Varadi et Stewart ont inscrit 16 buts lors des 16 premières rencontres de la saison suivante. Mais Varadi s’est blessé et a dû déclarer forfait pour le match suivant face à Huddersfield Town, en novembre 1987.

Ce qui s’est passé ce jour-là fait désormais partie du folklore de Manchester City. Depuis les tribunes, Varadi a assisté impuissant à l’incroyable démonstration de ses coéquipiers, vainqueurs... 10-1 face à Huddersfield.

Il a retrouvé sa place quelques rencontres plus tard, mais une série de sept défaites lors des neuf matches suivants a définitivement mis fin aux espoirs de promotion.

C’est à cette époque que les premières bananes gonflables ont commencé à apparaître dans les tribunes de la Kippax. Beaucoup y voyaient un clin d’œil au surnom donné au numéro 9 de City : « Imre Banana ».

Sans le savoir, les supporters de City venaient de lancer une mode qui allait redonner le sourire au football anglais, encore marqué par plusieurs tragédies et par l’exclusion des clubs anglais des compétitions européennes.

Les supporters de City ont inspiré de nombreux autres clubs. Stoke City a adopté des panthères roses gonflables, Norwich des canaris, Lincoln des lutins (imps) et Grimsby Town, entre autres, un célèbre hareng baptisé Harry the Haddock.

Selon la légende, tout serait parti du jeu de mots imaginé par quelques supporters de City autour du nom de Varadi. Des années plus tard, l’ancien attaquant a reconnu être extrêmement fier d’avoir été associé à ce phénomène.

City a bien tenté de décrocher la promotion lors de la fin de saison 1987/88, mais a finalement terminé à la neuvième place. L’arrivée de Trevor Morley la saison suivante, qui récupéra le numéro 9 de Varadi, annonçait la fin de son aventure mancunienne. Comme le héros de la série Le Vagabond (The Littlest Hobo), il était temps pour lui de quitter un foyer dans lequel il s’était enfin senti chez lui afin de repartir vers un nouveau défi.

Varadi est finalement retourné à Sheffield Wednesday, l’un de ses anciens clubs, pour un montant identique à celui déboursé par City lors de son arrivée.

Avec 31 buts en 81 apparitions sous le maillot des Cityzens (dont 13 en tant que remplaçant), il affichait pratiquement une moyenne d’un but tous les deux matches.

Chaque centime investi par Manchester City pour recruter Imre Varadi a été pleinement rentabilisé. Véritable héros culte de son époque, il reste aujourd’hui encore un personnage particulièrement apprécié des supporters, notamment grâce au phénomène des bananes gonflables auquel son nom restera à jamais associé.

Illustration: Ben Wild