David Seaman était haut en couleurs. Il était déterminé à profiter de chaque moment avec City, même s’il savait que ce serait sa dernière saison en pro. Nous nous sommes parlés pour la première fois à un shooting photo au nouveau stade de City à l’été 2003, sous le soleil chaleureux de Manchester – oui, ça arrive... – et plus tard dans la saison.
Si le rire est effectivement la meilleure des thérapies, alors on sait pourquoi David Seaman en est à sa vingtième saison au top niveau.
Seaman est génial, a un bon sens de l’humour, sans parler du fait qu’il s’agisse de l’un des meilleurs gardien anglais de l’histoire. Il sourit, il rit, même dans les moments les plus stressants.
Certains médias ont mené une vendetta contre le joueur depuis le coup-franc de Ronaldinho contre l’Angleterre lors du quart de finale de Coupe du monde en 2002, qui s’est avéré décisif dans la qualification des Brésiliens.
Depuis son départ d’Arsenal pour remplacer Peter Schmeichel à City, chacun de ses gestes a été scrutés. Tout le monde était prêt à souligner la moindre de ses erreurs. Pour beaucoup, cette attention aurait pu être trop difficile à supporter. Pas pour Seaman.
Après avoir expérimenté chaque émotion possible lors de sa carrière qui l’a mené de Leeds à Arsenal, en passant par Peterborough, Birmingham et QPR. Le joueur de 40 ans a autant pris la critique que les louanges.

Les choses allaient mieux pour David après ses 13 ans à Highbury. Le gardien admet que les choses allaient comme sur des roulettes après avoir accepté l’offre de Kevin Keegan en juin.
David Seaman a même appelé Lee Dixon pour lui chanter une version unique de Blue Moon quand il a appris qu’il signerait avec le club.
« Il y a eu quelques soucis, comme d’habitude mais au-delà de ça, tout a été parfait. Bien sûr, ça a été compliqué de quitter Arsenal, mais je suis arrivé dans un club de qualité. »
« Le centre d’entraînement est superbe. Celui d’Arsenal était excellent et je me demandais comment allait être celui-ci. Mais pour être honnête, c’était tout aussi bien. C’est ici qu’on vient tous les jours pour travailler... et cet endroit répond à tous nos besoins. »
« La cerise sur le gâteau, c’est qu’on joue dans un stade aussi bon que celui dans lequel on joue toutes les eux semaines. Donc de ce point de vue, c’est fantastique. J’ai trouvé un endroit où vivre t ma famille est ici régulièrement aussi, maintenant. »
« C’est un nouveau défi, je dois me faire d’autres fans. Certaines personnes m’ont passé un savon après Lokeren, mais ils ont leur opinion. S’ils pensent que j’ai fait une erreur, tant pis. »
Pour un homme qui a gagné trois championnats, en plus d’une tonne d’autres trophées, David admet que la chose à laquelle il a le plus de mal à s’habituer est la tendance ancestrale de City à être inconstant.
Brillant à certaines occasions, désastreux à d’autres moments, le gardien né à Rotherham a été perplexe à de nombreuses occasions. Et parfois, en l’espace de 90 minutes, City paraissait pouvoir prétendre à la Champions League, puis devanait de la chair à canon.
Le challenge maintenant, pour Seaman, est de trouver la constance pour faire de City une vraie équipe du top 4. Même si ce n’est pas arrivé en un jour, il se rend compte que le noyau est là pour que le club ait un avenir radieux.
« Ce qui est étrange pour moi, c’est que les choses ont été si imprévisibles. »
« On peut très bien jouer à certains moments pendant les matches mais se relâcher à d’autres instants. Charlton à l’extérieur, lors du premier match de la saison, est le match le plus réussi que l’on ait joué. »

« On a probablement déjoué à certaines occasions, pris les points et gagné. Je pense juste qu’il y a beaucoup de bonnes choses à venir. Ça fait chaud au cœur, on a beaucoup de qualités. Il faut juste qu’on s’y mette ensemble. »
« Si on a un match à l’entraînement, je veux gagner, peu importe l’enjeu. Si vous avez l’esprit de compétition à l’entraînement, ça vous servira lors des grands matches. Si je peux semer cette mentalité de vainqueurs qu’on avait à Arsenal, je pense que j’aurai accompli quelque chose.
« La bonne chose, c’est que tout le monde se mélange. Oui, il y a de petits groupes mais ce n’est pas comme si on ne pouvait pas aller s’asseoir avec ces personnes. Il n’y a pas de clique, d’animosité... Tout le monde aime se charrier, c’est une bonne ambiance. »
« Je n’ai pas encore regardé dans le rétroviseur. Je garde ça pour ma retraite. Mais c’est bien d’avoir le sentiment de grimper les échelons pour amasser des trophées comme je l’ai fait. C’est un sacré sentiment, je peux vous le dire. »
Au-delà du football, la meilleure façon de se détendre pour David est de passer le maximum de temps sur le bord de la rivière, de pêcher à la ligne, tout comme ses coéquipiers Paul Bosvelt et Nick Weaer, autrefois meilleur pêcheur de Grande-Bretagne.
« Je n’ai pas encore trouvé de spot pour pêcher de grosses carpes ici. Quand je vais pêcher, j’y vais vraiment. Je prends une tente et j’y passe la nuit. J’y irais toute la semaine, si j’avais l’occasion ! »
« Les très bons pêcheurs y vont toute la journée et toute la nuit. Les meilleurs endroits pour ça, c’est la France, la Bulgarie ou la Roumanie. Encore une fois, ce sera à ma retraite. Les vacances d’été, c’est juste pour la famille ! »
« Bosvelt, son truc, c’est la pêche à la mouche. J’en ai fait aussi. Et oui, Nick m’a parlé de ses prix. Il m’a même montré une photo du poisson ! Je suppose qu’il pourra me montrer un truc ou deux quand on aura l’occasion ! »
Que s’est-il passé ensuite ? David n’a passé qu’un an à City, qui ne s’est pas tout à fait passé comme prévu. Touché à l’épaule, il a dû annoncer sa retraite en janvier 2004, à la moitié de son contrat d’un an. Il a joué 26 matches avec City et a aidé Kevin Keegan à choisir l’homme qui devait le remplacer – David James – mais n’a plus joué de football professionnel depuis.