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Tessa Wullaert, 'Girl Power'

GIRL POWER: Fighting for equality in women's sport...

GIRL POWER: Fighting for equality in women's sport...

De nombreuses fooballeuses ont vécu les mêmes choses avant et pendant leur carrière…

Ayant découvert le football grâce à des proches à un jeune âge, elles se sont aventurées dans ce sport à travers la seule option possible pour elles – des équipes de garçons – pour l’amour du jeu et sans avoir d’intentions professionnelles derrière la tête. 

À cet âge, sans a priori de la part de leurs pairs, qui admiraient simplement leur habileté et leur camaraderie, elles ont grandi, jouant simplement pour jouer, parce qu’elles aimaient ça. Jusqu’à l’âge où s’est présentée une opportunité. Celle d’une carrière dans le football.

Pour beaucoup de filles, l’idée d’une carrière dans le foot ne leur a jamais traversé l’esprit. Ces possibilités n’existent pas dans tous les pays, et elles sont très peu à pouvoir en vivre. En bref, si vous voulez vivre vos rêves, il fallait prendre un risque gigantesque et aller vivre à l’étranger. Très tôt, de préférence.

Et là, il faut faire des sacrifices. Le temps, les efforts, l’argent, une bonne partie leur vie sociale, les matches se tenant le week-end et les entraînements le mercredi, mais aussi des restrictions diététiques. Et si ces sacrifices n’étaient pas assez grands, il arrive un moment précis où il faut faire un choix crucial. En gros : c’est « maintenant ou jamais ». Après, ce sera trop tard. Et pour que les enjeux soient encore plus pesants, les membres d’une même équipe sont en ocncurrence. L’enjeu est énorme, il faut être performante à tout prix.

C’est là que les problèmes commencent. Les commentaires méchants, la condescendance, les questions des parents de leurs coéquipiers masculins : « Pourquoi cette fille joue-t-elle à la place de mon fils ? »

Les poussées de colère quand une fille est meilleure que leur enfant et reçoit des félicitations méritées. Des réactions hostiles qui se manifestent encore aujourd’hui, que ce soit au niveau local ou ailleurs. Mais maintenant, ces jeunes filles ne sont plus seules dans ces équipes où les garçons sont beaucoup plus nombreux. Maintenant il y a des équipes féminines et plus important encore, des opportunités de carrière dans le football.

Les pros qui ont eu un parcours difficile dans le sport avant d’arriver là se rappellent de leurs pires moments. Et même si le football féminin au Royaume-Uni commence à se faire son public – avec des stades plus remplis et une couverture médiatique meilleure que jamais – il reste une longue route à parcourir.

Tessa Wullaert

Dans cette quête du changement, ces femmes ont concentré tous leurs efforts pour devenir meilleures, pour inspirer les jeunes générations et faire tomber ces barrières qui ont trop souvent été sur le chemin de jeunes filles ambitieuses et méritantes.

Tessa Wullaert est l’une de ces ambassadrices. Elle les yeux d’une passionnée quand elle nous raconte son voyage depuis Tielt en Belgique jusqu’en Angleterre, à Manchester, où la joueuse, fière mais humble, est la meilleure buteuse de l’histoire de son pays à tout juste 25 ans.

Il y a trois ans, elle a été obligée de faire un choix : rester dans son pays natal ou suivre son coeur. Bonne nouvelle pour le monde du football, elle s’est laissée porter par ses rêves malgré la difficulté de la décision. 

« Rester dans mon pays natal et devenir une footballeuse professionnelle, ça aurait été mon rêve, admet la Belge. C’est vraiment dommage de ne pas pouvoir devenir professionnelle en Belgique. »

« Être en mesure de m’entraîner, de revenir à la maison et de dîner avec des amis et de la famille… Ça aurait été fantastique. »

Pour la jeune fille qu’était Tessa, « ce n’était pas un rêve de devenir professionnelle. C’est venue quand j’ai fait un stage à l’école. »

« Quand je suis allée au lycée, j’ai dû combiner le football et le stage. C’étaient des jours difficiles et j’ai pris une décision : ce n’était pas la vie que j’avais envie de mener, de cumuler les deux. »

« Je ne pouvais pas me donner à 100 % dans le football ou dans le travail. Donc j’ai décidé de devenir professionnelle et je ne regrette rien. »

« J’ai reçu mon diplôme à 22 ans. J’ai dû prendre une décision. J’ai déménagé en Allemagne pour rejoindre Wolfsburg.

« Si c’était à refaire, je ferais la même chose. C’était une bonne décision. J’avais ma vie à moi à 22 ans, je me faisais à manger… »

« Par chance, mes parents étaient là pour m’aider mais je pense que j’ai fait le bon choix au bon moment. »

« Je suis allée dans un grand club et maintenant, je suis dans un club encore plus grand. Je ne me plains pas du tout ! »

L’histoire d’amour entre Wullaert et le ballon rond a commencé bien avant sa naissance. Ses parents se sont rencontrés grâce au football : son grand-père maternel était l’entraîneur de son père. L’idylle familiale avec le sport n’a pas sauté une génération…

« C’était le football, dès le début, déclare Wullaert dans un rire. Mon premier souvenir, c’était dans la cour de récréation avec mes amis quand j’avais cinq ans. »

Tessa Wullaert

« J’ai joué et j’étais plutôt douée, donc les garçons m’ont demandé si je voulais rejoindre leur équipe. C’est comme ça que ça a commencé. »

« Ma première équipe s’appelait Wakken. Mais elle n’existe plus. Le terrain n’est pas un terrain de jeu pour les chiens !

« Je m’amusais, je jouais avec mes amis après l’école. Le foot, ça a toujours été un amusement pour moi, il faut y prendre du plaisir – et j’en prends encore. C’est le plus important. Tant que je m’amusais, je n’écoutais personne d’autre.

Difficile de ne rien écouter, pourtant, quand tant de personnes critiquent vos choix. Heureusement, l’envie de la Belge, combinée avec l’expérience d’une amie proche – une autre footballeuse en puissance – lui a permis de surmonter les difficultés.

L’attaquante espère que sa détermination encouragera d’autres personnes. Elle est dévouée : les mots ‘girl power’ sont littéralement gravés sur sa peau. 

« J’ai eu de la chance. Jusqu’à 15 ans, j’ai toujours joué avec une autre fille. On était toujours ensemble dans les vestiaires, c’est une très bonne chose. »

« Les problèmes ont commencé quand j’ai eu 15 ans et que les garçons étaient sur le banc et les filles sur le terrain. Les parents n’ont pas compris, ils disaient qu’il n’y avait pas d’avenir dans le football féminin. Mais au final, je crois qu’on leur a donné tort ! »

« Je suis plutôt engagée en ce qui concerne les droits des femmes. C’est pour ça que j’ai ce tatouage sur mon pied, ‘Girl Power’. »

« Quand le mouvement ‘Equal pay, equal play’ est apparu, j’ai tweeté à ce sujet pour les Diables Rouges. Il y avait une grande discussion autour de ça en Belgique – beaucoup de journaux ont écrit des articles là-dessus et maintenant, les gens savent que la différence est assez énorme. »

Tessa Wullaert

« J’ai eu l’impact que je voulais avoir mais il y a encore du chemin à faire en Belgique... »

Wullaert admet avoir eu peu de modèles dans la vie, mais un entraîneur en particulier a eu une grande influence sur sa carrière, lorsqu’il l’a repositionnée sur le terrain : « Je n’ai jamais eu d’idole. Je n’ai jamais admiré personne parce qu’à ce moment là, l’équipe nationale Belge n’avait pas autant d’importance, donc il n’y avait pas beaucoup de monde à admirer... »

« Il y a une fille qui a gagné la Champions League en 2009 – Femke Maes – c’est la plus grande réussite pour une Belge. Elle a eu un rôle de modèle, vraiment. »

« Je pense que sur la route, vous réalisez l’impact que les gens ont eu. Mais pas celui qu’ils ont à l’instant T. » 

« C’est important d’avoir de la reconnaissance après coup et de les remercier. »

« Par exemple, quand j’ai joué avec les garçons, j’étais défenseuse centrale. En Allemagne, j’étais ailière. Personne ne le croit, mais c’est vrai ! »

« J’étais bonne défenseuse. J’avais un grand gars à côté de moi, et il allait au duel. Je fermais les espaces avec ma vitesse. On faisait une bonne charnière. 

« Un jour, le coach a pris une décision. Il m’a replacée, de la défense à l’attaque. Je me suis sentie bien à ce poste. Maintenant, mon truc c’est le milieu offensif. »

Tessa Wullaert

Cette décision s’est avérée payante et la Belge a rapidement été l’une des milieu de terrain les plus prolifiques. À 17 ans, elle a été appelée pour la première fois en équipe nationale. Huit ans plus tard, elle est la meilleure buteuse de son pays. »

Mais Wullaert n’est pas du genre à s’en enorgueillir. 

« Je faisais juste mon boulot, sourit-elle. Ça m’est tombé dessus, je n’y ai pas pensé. »

« Je marquais des buts, je m’amusais. La chose la plus importante que j’ai apprise : il faut s’amuser. Pas trop penser, pas trop stresser. »

« Il faut jouer les matches sans stress. Il faut juste suivre son instinct et s’amuser. »

« Sans stress, on prend de meilleures décisions. Ça vient naturellement, je pense. Ce n’est pas une bonne chose de réfléchir devant le but. »

« C’est comme ça que je vois mes matches, je suis mon instinct. Jusque là, ça marche plutôt bien ! »

« Je veux juste regarder derrière moi et me dire que j’étais heureuse et que j’en ai profité. Je pense que c’est le plus important. »

Une héroïne nationale, surnommée ‘the girl on fire’ après ses débuts étincelants à Manchester. Espérons que la Belge en inspire d’autres et passe le flambeau des Diables Rouges à la prochaine Tessa Wullaert.